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Résumé non confidentiel MARILINE

Résumé non confidentiel MARILINE

Bien qu’indispensables au bon fonctionnement des organismes vivants, l’oxygène et le rayonnement solaire peuvent avoir une action néfaste. Le stress oxydant qu’ils engendrent peut alors être responsable de nombreuses pathologies (cancers, maladies neurodégénératives) ou plus simplement être impliqué dans le vieillissement cellulaire. Plusieurs études ont montré qu’une application topique d’antioxydants permet de réduire le stress oxydant. Les antioxydants et filtres UV utilisés en cosmétique doivent répondre à des critères de choix sévères. Les antioxydants et filtres UV présents aujourd’hui dans la plupart des produits cosmétiques sont encore d’origine synthétique.

Or de nombreuses réserves sont émises concernant leur innocuité. En ce qui concerne les antioxydants de synthèse, de nombreuses études suggèrent l’effet cancérigène de certains de ces composés encore largement utilisés. Plus récemment une polémique est apparue concernant les filtres UV de synthèse démontrant leur effet de perturbateurs endocriniens qui pourrait être à l’origine de développement de cancer.

Il apparait donc important, que ce soit en terme de santé publique, de protection de l’environnement ou en terme d’image pour l’industrie cosmétique de trouver rapidement une alternative à ces composés de synthèse. Dans la nature et en particulier dans le monde végétal, de nombreuses substances présentent des propriétés antioxydantes. Dans ce contexte particulier, le chardon Marie (Silybum marianum L.), seul représentant du genre Silybum (famille es astéracées) peut s’avérer intéressant. Cette plante constitue la source quasi-exclusive de flavonolignanes dérivant de la taxifoline, ce qui en fait la plante modèle pour l’étude de la biosynthèse de ces composés. La silybine, son principal constituant, présente des activités biologiques très intéressantes pour l’industrie cosmétique encore sous-exploitées voir inexploitées : des propriétés antioxydante, anti-inflammatoire de la peau, anti-UV-B, de protection contre les brûlures solaires et les cancers de la peau. Si des extraits de graines de chardon Marie sont déjà commercialisés en tant que compléments alimentaires se basant sur son usage traditionnel dans la pharmacopée européenne comme détoxifiant. Il apparait néanmoins très clairement que la composition du mélange de flavonolignanes (silymarine) des graines de chardon Marie peut grandement varier d’une préparation à l’autre. De nombreux freins existent encore pour leur pleine exploitation : 1) leur voie de biosynthèse est encore largement méconnue, il semble donc peu réaliste d’exploiter au mieux ces composés si l’on ne connait pas les modalités et les conditions de leur biosynthèse, 2) certaines populations sont cultivées et même si certains caractères de domestication sont déjà présents, il n’existe pas à proprement parler de sélection pour cette plante et encore moins de sélection basée sur la teneur en flavonolignanes, 3) les techniques d’extraction à partir des graines sont encore largement perfectibles et ne font pas pour l’heure appel aux technologies vertes d’extraction, et enfin 4) les mécanismes de certaines activités biologiques n’ont pas été élucidées.

Ce projet s’inscrit pleinement dans l’axe 1 du programme CosmétoSciences, intitulé Cosmétopée et Cosmétique durable dans la mesure où il visera : 1) à la valorisation de la biodiversité au travers de la valorisation de populations d’une plante « locale » sauvage dont la culture est déjà possible, 2) à la valorisation de la diversité moléculaire d’une famille de composés encore peu valorisés en cosmétique, 3) à la recherche et la mise en place de conduites culturales innovantes permettant une accumulation ciblée et accrue en flavonolignanes d’intérêt, 4) à la mise en place de technologie verte pour l’obtention d’extraits enrichis ou la purification de ces composés, 5) l’objectivation de ces composés et extraits au travers de l’évaluation de leurs activités biologiques (antioxydant, anti-âge, filtre UV), et de l’étude de leur mode d’action pour établir les paramètres optimaux de leur usage (concentration, ciblage).

Le consortium de ce projet est composé d’un laboratoire académique spécialiste de l’étude du métabolisme et de l’extraction du végétal (LBLGC, EA1207, Université d’Orléans) et de un partenaire industriel spécialiste de la culture de plantes médicinales et aromatique faisant négoce de ces plantes pour l’industrie cosmétique (PMA28).